textes
Charles Pennequin
metteur en scène
Charlie Windelschmidt
assistante mise en scène
Ida Hertu
création musicale et sonore
Yann Guéguen
comédiennes
Anne-Sophie Erhel
Véronique Héliès
Lisa Lacombe
Béatrice Roué
comédiens
Alain Meneust
Nicolas Sarrasin
coproduction
Compagnie Dérézo
Le Fourneau - centre national des arts de la rue
Fête de la Bretagne 2010
avec le concours exceptionnel
de SNCF - Gares&Connexions

création en mai 2010 dans le cadre de la Fête de la Bretagne, en Gare de Paris-Montparnasse (75), en mai 2010 dans le cadre de la Fête de la Bretagne, en Gare de Rennes (35), en mai 2010 dans le cadre de la Fête de la Bretagne, en Gare de Brest (29)
répétitions en avril 2009 à l'Université Victor Segalen, à Brest (29), en mai 2009 au Mac Orlan à Brest (29), en mai 2009 au Multiplexe Liberté à Brest (29), en juin 2009 au Théâtre de Poche à Hédé (35), en août 2009 expérimentations publiques au FAR de Morlaix (29), en août 2009 expérimentations publiques au Festival de Poche de Hédé (35), en décembre 2009 à Brest (29), en février 2010 en Gare de Brest (29)
tournée en octobre 2011 à Paris, Place des Abbesses (75), en janvier 2012 le Havre, Gare Sncf (76), en janvier 2012 le Havre, place du marché de Caucriauville (76)

Face aux acteurs, l’univers sonore de votre casque recompose la ville comme œuvre d’art.

Tromper la ville en tordant le réel. Témoigner de ce que le temps et l'espace sont au centre du geste d'art. Nous regardons ceux qui regardent, les acteurs sont en connivence. La réalité est un mensonge qui dit la vérité. Situation souvent source d'équivoque et d'humour : nous sommes témoins, nous sommes de mèche, nous devenons complices. Trahir la représentation. Une mise en situation puissante pour un acteur d'un nouveau type.

Comment jouer pour un public convoqué sous le regard d'un second public non averti ? Comment jouer pour un auditoire que l'on n'entend pas, mais qui, lui seul, vous entend ? Que devient la fable quand l'inattendu, le fortuit, l’aléatoire s'en mêlent ? Comment prendre la parole au milieu de ce chaos qu'est l’espace public ?
Dans cette réalité observée vont évoluer des comédiens équipés de micros HF, diffusés dans les enceintes à l’intérieur. Ils parlent, se déplacent, très près, très loin, apparaissent et disparaissent dans une énergie qui refuse le spectaculaire : tout doit se passer sans que les passants ne se doutent qu'il se joue quelque chose dont leur ville serait le théâtre. Le tout en les intégrant à la fiction.

Toujours soumis aux aléas de l'imprévu, les comédiens et le musicien travaillent à vue, créant sur mesure un enchaînement dramaturgique où se mêlent chorégraphies intimes, séquences sonores, effets musicaux, clips burlesques, situations absurdes, rencontres surréalistes entre habitants et cantonniers. Tout fait tâche très vite : le théâtre est anormal quand il descend en ville. C'est la mission de l'acteur, à la croisée du réel, du quotidien et de la représentation. Être incognito, un beau paradoxe pour des acteurs d'aujourd'hui, in situ.
Posté près du public de la vitre, le metteur en scène donne en direct (par oreillettes) des consignes et des informations aux comédiens en jeu. Il s'agit donc d'affronter, d'assumer une représentation unique, une performance chaque fois renouvelée.

Posture de spectateurs : témoins

Quel regard sur ma ville ? Quelle idée du réel partagée ici ?
La vitre est un cadre, la vitre est un écran, la vitre est une prison, la vitre est drôle.
Avec cette forme spectaculaire, nous ne sommes pas au théâtre, pas au cinéma, devant la télévision ou sur Internet... Les spectateurs prennent une place de voyeurs invisibles, derrière la vitre, puisque les textes des acteurs ne sont audibles que de l'intérieur.
Le public circule, il voyage devant et derrière, à l’extérieur ou à l’intérieur. Nous avons donc deux publics : l‘un averti (derrière la vitre) et l’autre fortuit (dans la rue), se demandant ce que font ces artisans pas comme les autres. Le public n’est plus « spectateur », mais témoin de ce qui se passe ce jour-là, à cette heure-là : les imprévus sont toujours bons à prendre.

Rivalité puissante avec les médias d'aujourd'hui, qui semblent s'accaparer l'idée de réalité, voire parfois de vérité. Poster le public aux aguets, lui faire lire et entendre son quotidien, notre quotidien, comme jamais. Et sans bruit. L'expression « regarder dehors » ne prendra plus le même sens. Le public voit la ville et entend les voix des acteurs, mais pas le brouhaha habituel. Une nouvelle image est à affronter pour lui. Une image où le son est charpente. Une dichotomie volontaire et mystérieuse entre le voir et l'entendre.
Qu'est-ce qu'on prend, qu'est-ce qu'on comprend, qu'est-ce qu’on tient ?
La ville est une source de comédie autant que de sens, puisque c'est un terrain que nous connaissons tous ; c'est l'épreuve de l'ici et maintenant appliquée au public. Et ce n'est pas un discours, c'est une posture physique qui donne à voir, à revoir, à jouer et à déjouer... ce que nous croyons connaître par cœur : la ville, notre ville.

A notre sens, il est un des plus grands poètes contemporains.
Le recueil La ville est un trou, dont nous tirons les textes pour cette performance, est une série d’écrits sur la ville et ses habitants. La ville est cruelle, elle est un monstre qui nous avale, elle nous dit tout, nous pilote, nous griffe de son injonction quotidienne. Une langue simple et sans bavures, une méthode précise qui déstabilise les notions anciennes de poésie, de roman, de lecture...
Même quand les gens leur parlent (demandant leur chemin ou les interrogeant sur le pourquoi de leur présence), les comédiens ne disent que le texte de Pennequin, droit dans les yeux. Une tendresse jalonne l'écriture de Pennequin, à laquelle nous nous accrochons, comme pour « parler à celui qui nous habite ».