Ce que voient les oiseaux

Procédé théâtral camératique*

* Plan séquence inattendu, réalisé en temps réel par les interprètes eux-mêmes, et à destination d’un groupe de soixante spectateurs contemplatifs (baignade sonore et visuelle). Sans enregistrement, trois courtes séquences audio-visuelles se heurtent à l’inopiné de la ville en mouvement. Les situations de jeu sont écrites mais sous influence du fortuit (pas d’improvisation). Cinq artistes coopèrent en live : trois interprètes, un compositeur et un vidéaste.

La ville est un manège au fronton duquel il est écrit « RÉALITÉ ». Il suffit de monter dedans.

Fabrique puissante de la normalité, l’espace dit "public" est, malgré tout, le théâtre d’une intimité qui lui est propre. En cherchant dans les interstices qui échappent à la norme, nous faisons de cette intimité, notre sujet.
Ici, rien de spectaculaire ni de sensationnel : l’intimité n’est pas un commerce pétaradant, mais bien une pulsation, secrète et sans compromis, en tâche de fond de la ville elle-même. Elle est ce qui échappe à l’espace public dès qu’il s’agit d’en faire le lieu de la prescription, des injonctions à consommer, des réflexes technophiles ou plus largement utilitaristes et sécuritaires, source ambiguë de toutes les ségrégations. C’est une intimité considérée alors comme impossible à saisir. À la marge. Nous allons donc fabriquer un piège, un filet, qui nous permettra de l’observer.
Dans la rue, depuis les truchements humains, délicats et sensibles, apparaît pour nous, en transparence, une autre ville, momentanée et dans les têtes. Mais que seuls des oiseaux pourraient voir. Au vu et au su de tous, se jouent des choses que personnes ne voit, à part les oiseaux. Avant de raconter des histoires, nous avons toujours imaginé des dispositifs. Et la fête foraine est souvent le coffre-au-trésor dans lequel nous piochons pour fabriquer notre théâtre.

Expérience inhabituelle entre théâtre et cinéma, entre manège forain et expérimentation sensitive, ce spectacle est une forme de cinéma de plein air, dont l’éphémère est celui du théâtre. En effet aucune image enregistrée, mais une aptitude à utiliser les aléas de la ville, de la rue ou de la place du village. Le public se retrouve avec des écrans sur le nez, et sans y prendre garde, finira dans une sorte de manège dont il est partie prenante.
Les séquences se jouent en continu, avec changement de groupe entre chaque fiction. Posé au cœur du ballet du quotidien, parmi les passants qui passent et les véhicules qui circulent, c’est dans un perchoir que l’on s’embarque.

PRODUCTION EN COURS - Création pour l’espace public 2022
À la recherche de partenaires pour co-produire, nous accueillir en résidence, pré-acheter… Contactez-nous par mail ou téléphone > contact direct - Louise Vignault : 06 20 26 28 34 / 02 98 78 87 11 / louisev@derezo.com

En résidence de recherche au Manège, scène nationale de Maubeuge du 31 août au 9 septembre 2020

Mise en scène Charlie Windelschmidt
Avec Louise Forlodou, Louise Morin et Ronan Rouanet
Autrices Jessica Roumeur, Lisa Lacombe et Morgane Le Rest
Assistant à la mise en scène Simon Le Doaré
Scénographie Camille Riquier
Construction Emmanuel Bourgeau et Quentin Alart
Création son Gwenole Peaudecerf
Création vidéo Stéphane Leucart