Ce que voient les oiseaux

Procédé théâtral camératique

La ville est un manège au fronton duquel il est écrit « RÉALITÉ ». Il suffit de monter dedans.

Fabrique puissante de la normalité, l’espace dit "public" est, malgré tout, le théâtre d’une intimité qui lui est propre. En cherchant dans les interstices qui échappent à la norme, nous faisons de cette intimité, notre sujet.
Ici, rien de spectaculaire ni de sensationnel : l’intimité n’est pas un commerce pétaradant, mais bien une pulsation, secrète et sans compromis, en tâche de fond de la ville elle-même. Elle est ce qui échappe à l’espace public dès qu’il s’agit d’en faire le lieu de la prescription, des injonctions à consommer, des réflexes technophiles ou plus largement utilitaristes et sécuritaires, source ambiguë de toutes les ségrégations. C’est une intimité considérée alors comme impossible à saisir. À la marge. Nous allons donc fabriquer un piège, un filet, qui nous permettra de l’observer.
Dans la rue, depuis les truchements humains, délicats et sensibles, apparaît pour nous, en transparence, une autre ville, momentanée et dans les têtes. Mais que seuls des oiseaux pourraient voir. Au vu et au su de tous, se jouent des choses que personnes ne voit, à part les oiseaux. Avant de raconter des histoires, nous avons toujours imaginé des dispositifs. Et la fête foraine est souvent le coffre-au-trésor dans lequel nous piochons pour fabriquer notre théâtre.

Montez dans le kiosque de soixante places, équipez-vous d’un casque et d’un masque :
Qui, de la ville ou de moi, habite l’autre ?
L’urbanité est-elle encore une mécanique de précision sociale ?
Envisageons la ville comme un théâtre et la réalité comme une fiction.
Abandonnons au plus vite la recherche de l’efficacité maximale, pour ne plus vivre la ville telle quelle, mais la façonner, pour nous même.
Nous, les habitants.

Expérience inhabituelle entre théâtre et cinéma, entre manège forain et expérimentation sensitive, ce spectacle est une forme de cinéma de plein air, dont l’éphémère est celui du théâtre. En effet aucune image enregistrée, mais une aptitude à utiliser les aléas de la ville, de la rue ou de la place du village. Le public se retrouve avec des écrans sur le nez, et sans y prendre garde, finira dans une sorte de manège dont il est partie prenante.
Les séquences se jouent en continu, avec changement de groupe entre chaque fiction. Posé au cœur du balais du quotidien, parmi les passants qui passent et les véhicules qui circulent, c’est dans ce carrousel immobile que l’on s’embarque. Il ne ressemble à rien de connu et fait penser à ces appareillages dont on perçoit bien qu’ils sont des machines mais dont on s’interroge sur l’usage ou l’utilité. Il doit, par-là, attiser la curiosité de tout un chacun à la simple vue de l’installation.

PRODUCTION EN COURS
Création 2021 - en recherche de partenaires
En résidence de recherche au Manège, scène nationale de Maubeuge du 31 août au 9 septembre 2020

Partenaires Pressentis
Le Fourneau, CNAREP - Brest (29)
Lieux Publics, CNAREP - Marseille (13)
Sur le Pont, CNAREP - La Rochelle (17)
Le Manège, scène nationale de Maubeuge (59)
Le Volcan, scène nationale du Havre (76)
Les Quinconces-L’Espal, scène nationale du Mans (72)
Carré Colonnes, scène nationale Bordeaux Métropole (33)

Mise en scène Charlie Windelschmidt
Avec Louise Forlodou, Louise Morin et Ronan Rouanet
Assistant à la mise en scène Simon Le Doaré
Scénographie Camille Riquier
Construction Emmanuel Bourgeau et Quentin Alart
Création son Gwenole Peaudecerf
Création vidéo Stéphane Leucart