Formes

Dérézo, compagnie polymorphe, s’enthousiasme depuis ses débuts de ce genre mutant : le théâtre.
Il en sort des formes spectaculaires pour aujourd’hui sachant accueillir la multitude des disciplines que peut recevoir la scène : comédiens, plasticiens, sculpteurs, chorégraphes, peintres, danseurs, auteurs, scénographes, metteurs en scène, musiciens… ces créateurs de tous horizons explorent, au cœur de la compagnie, « l’art de fabriquer de l’art », fut-il de rue, poétique, forain, en forme brève, en musique, masqué, avec des objets...

Le Théâtre est l’établi de toutes les tentatives : celles, cruciales, de dire ce qui passe par l’époque, dedans comme dehors. Celle, plus exigeante, du texte donc de la parole, donc du corps. Intime.

L’art n’a pas de place, c’est-à-dire qu’il peut être partout.

Quand Dérézo crée ses performance en milieu urbain il s’agit de tenir la promesse d’être non pas dans la rue, mais à la rue ! Comprenez là où ça se mélange : les vieux, les chiens, les jeunes, les riches, les d’ici, les d’ailleurs, les pauvres… en un mot : la Cité.
Quand Dérézo crée ses « Kabarês », spectacles nomades à ciel ouvert, il s’agit d’être à la fête et sur un territoire réinvesti en forains.
Quand Dérézo crée ses pièces politique il s’agit de sonder, sur une écriture contemporaine, la place de l’artiste dans notre société.
Quand Dérézo crée Les Habitants – Fictions urbaines – c’est pour mieux leurrer la ville en déjouant ladite « réalité », témoignage acide que l’urbanité est mise en scène par les communicants, les urbanistes, les commerçant et les politiciens. Bien plus, hélas, que par les citoyens eux même. Que donc, la réalité n’existe pas puisque c’est nous qui la fabriquons.

La réalité est une fiction comme les autres.
Notre énonçé, est de prendre la Cité comme terrain de jeu, non comme scène. Donc agir en concevant des formes, des présences, des rapports, des outils, qui en découlent. Des relations donc à cette ville.

Entrent alors en scène, les nécessaires disciplines non artistiques qui viennent enrager notre théâtre : art martiaux, sémiologie, philosophie, psychanalyse, ethnologie, théologie, sociologie, mathématiques, histoire...etc.

Conscients de fabriquer des formes spectaculaires hétérogènes qui imposent une dramaturgie singulière à notre époque et à ceux qui vivent dedans (nous compris), nous assumons une divergence esthétique qui nous fait naviguer sans vergogne d’un genre à l’autre. Mais qui veut aussi pilonner les habitudes narratives, et l’industrie de la compréhension (donc de l’explication).

Nous revendiquons cette différence, fut-elle incompréhensible pour certains-nes. Enchantons les formes.